mardi 23 octobre 2012

{ Comment survivre aux lundis matins?}

 
 
 
 
 
Ce lundi matin-là est particulièrement difficile. 
 
En route pour le travail, dans ma voiture je lâche le volant de la main droite pour tenter d'effacer de mes paupières la lourdeur d'une nuit trop courte. 
 
 
 
Depuis une semaine, la petite se réveille toutes les nuits, terrorisée par des cauchemars.
Front en sueur, petit corps frêle debout pieds nus sur le tapis de la chambre. 
Toutes les nuits vers quatre heures je m'extirpe de la chaude douceur de mon lit, traverse la maison et je monte à l'étage pour la prendre dans mes bras et la rassurer. 
Je commence sérieusement à souffrir du manque de sommeil. 
 
Comment vais-je survivre à ce lundi matin et à toute la journée qui m'attend? et à toute la semaine qui va suivre? 

 
J'ai envie d'arrêter la voiture sur le bord de la route, de stopper le cours de cette journée qui avant d'avoir commencé me parait insurmontable.
 
Tout à coup, sur cette route de campagne ,  je vois les couleurs de l'automne qui pavent ce chemin de couleurs splendides, les feuilles affolées par le vent qui tombent comme des confettis sur mon pare-brise .
 
 
 
Le monde ce matin semble me dire:" On fait la fête!? tu es fatiguée? mais tu ne peux pas manquer toute cette beauté!"
 
 
 
 
En tournant la tête à droite , je vois un fermier , un genou à terre sur son chemin gravillonné, qui prend dans ses mains la grosse tête poilue de son chien: il la secoue tendrement et lui offre un rude câlin. Le temps s'arrête.

Surprise! cette tendresse du matin! inattendue!
CADEAU!
 
Mon regard revient sur la route et  un vol de canard triangulaire, pointé vers le sud me fait lever les yeux.
Surprise ! CADEAU!

Même à travers des yeux embués de fatigue, même sur cette route qui mène au travail, à encore plus de fatigue, je peux voir la beauté!
 
Je peux dire merci!
 
Tout cela c'est pour moi, POUR MOI: CADEAU! toute cette beauté, tout cet amour , juste pour moi ce matin, parce que j'ai bien voulu voir ce qu'il y  avait dans cet instant, que je le déballe avec la délectation  d'un enfant que tout surprend. 
  





Mes yeux se remplissent de larmes de gratitude, de reconnaissance. Je sens le sourire de Dieu dans ce rayon de lumière qui rase le sommet des montagnes. Je sens son sourire bienveillant, qui m'enveloppe et me rassure.
 



 Le soir au repas , la petite, celle qui fait des cauchemars toutes les nuits,  me montre sa trouvaille: "oh maman, il y a un cœur dans ma noix!" 







 Oui! nous sommes aimés, même dans nos pires moments de doutes et de fatigues!

 Il suffit juste de trouver le bon angle de vision qui me permettra de percevoir cet amour
 
Quand la perspective change la joie arrive.
 
 
 

C'est la seule façon de bien voyager à travers cette vie unique qu'il m'est donné de vivre!

jeudi 18 octobre 2012

{ quand il semble impossible de trouver la joie }



Il y a des jours comme aujourd'hui où il me semble ne pas pouvoir reprendre ma respiration.

Quelque chose m'oppresse , je n'arrive pas à respirer profondément.

Qu'y a-t-il dans cette vie qui m’oppresse autant?

Est-ce cette mère dont on m'a parlé et qui vient d'apprendre que son bébé de 6 mois à la leucémie?
Est-ce cette enfant vue il y a quelques jours , qui lutte contre une mère abusive?
Est-ce ma peur viscérale de mère qui veut protéger ses enfants ?

Comment vivre dans la joie quand tant de souffrance m'entoure?
Je ne comprends pas le sens de tout ce mal. Je ne pourrai jamais le comprendre.

Mais dois-je vraiment ajouter la laideur de mon angoisse ou de ma colère à celle de la situation?
Est-ce que l'angoisse, le stress n'est pas le pire des maux?

Parce que si je dis que je crois, et que j'angoisse , c'est que je n'ai pas confiance . Et si je n'ai pas confiance alors je mens.
Oui c'est l'angoisse qui m'empêche de respirer, qui me coupe la respiration.

Une angoisse profonde, toute humaine.

C'est dans ces moments d'angoisse que je DOIS reprendre ma respiration , que je cherche désespérément de l'air , qu'il faut que je réussisse à laisser entrer l'air dans mes poumons en prononçant des paroles de gratitude.

La gratitude est mon oxygène. C'est le souffle qui ouvre mes poumons et mon cœur. Qui reconnait dans l'instant la grâce qu'il contient forcément.

Et,comme l'air qui ouvre les bronches après une longue apnée peut faire souffrir, le premier murmure de gratitude peut me sembler douloureux. Mais il agit aussi comme un beaume.

Il ne faut donc pas attendre que tout aille bien pour adopter une attitude de gratitude.
La vraie gratitude, celle qui mène à la joie, celle qui est un acte de foi, se prononce dans la tourmente.

Quand l'immensité du monde, la répétition des taches quotidienne, le poids des difficultés, me semblent insurmontables, c’est vers infiniment petit que je me tourne. Pour quitter le macrocosme des soucis et entrer dans le microcosme de la grâce.



Mes enfants eux, avec leurs habitudes d'enfants que l'angoisse ne dévore pas encore, savent instinctivement trouver ces trésors.Iils ont des yeux ouverts pour voir la beauté là où on ne l'attend pas.
Ils se penchent , ils cherchent dans le détail de l'herbe et trouvent mille occasions de se réjouir.
Ils savent collecter les cadeaux .

Moi aussi je peux avoir ma part de cette joie.


Mon angoisse se préoccupe du futur, du lendemain , de ce qui arrive loin de mes yeux.
Mais quand je me penche sur le moment , quand je prends le temps d'entrer dans l'instant, enfin mes paupières peuvent s'ouvrir et voir vraiment.



Alors l'angoisse disparait parce que mon cœur et mes yeux sont bien trop occupés à compter les cadeaux du présent. 




Dans le parc, ce jour-là, je cherche avec eux les trésors de l'automne, je fouille le sol de mes pieds, j'explore l'ombre des arbres. Et je sens Sa présence partout, dans le rire des petits et dans la beauté des feuilles qui frissonnent.

Le monde autour de moi n'a pas changé , mais je peux faire confiance, je peux croire et espérer.

Moi aussi je cueille ma part de cette joie.

et je respire , enfin, librement. 

Je continue ma liste:

 
# 121: une cueillette dans le parc
# 122:  du shopping réussi
# 123: l'odeur du pain frais
#124: porter des habits neufs
#125: Maxence qui dit; "Je t'aime comme un amoureux"
#126: Blandine qui lit toute seule
# 127: Le sourire d'une amie
#128: fous rires entre copines
#129: une maison propre

vendredi 5 octobre 2012

{ Trouver la lumière dans l'obscurité }

Parce que vraiment , la lumière est trop belle ce soir, que le jardin en est baigné et je veux aussi l'être.
 Parce que il n'y rien d'autre à faire que d'aller dans cette lumière qui inonde le jardin, parce que le ménage, le bain , les devoirs d'école peuvent attendre nous prenons le plaid, le coussin , notre gouter et notre propre lumière et nous allons prendre le gouter dehors.
Parce que , même si il y a des taches à accomplir,  que ma maison n'est pas parfaite,  je cherche la perfection ailleurs.
Parce qu'il il y a de la lumière même dans la plus profonde obscurité. 

Je pourrais être ailleurs et faire autre chose mais je préfère arrêter pour un moment et changer de perspective : rire de leurs rires, voir le monde de leur hauteur. Comme tout est beau quand on est petit!


La joie : c’est la joie que je trouve dans cette soirée d’automne.
C'est la joie qui m'est offerte quand je compte les cadeaux, quand j'adopte une attitude de gratitude. C'est ma grande découverte, c'est le trésor caché, celui qu'il faut ouvrir pour que chacun puisse en avoir sa part: la gratitude est la voie qui mène à la joie.


 Une joie facile? peut-être que certains cyniques pourraient le penser : une joie naïve ?
Je ne crois pas. 

Ce qui est difficile dans ce monde dur et noir, dans ce monde où le sang peut couler par endroit jusque dans les caniveaux ,  ce n’est pas de voir le noir, c’est de voir la lumière. 

Et moi je recherche cette lumière et c’est une discipline, une vraie discipline, une attitude qui n’est pas naturelle.
Mais c’est la seule qui me peut donner le bonheur.



Ils sont nombreux à dire : « Qui me fera voir le bonheur ? »
-Fais lever sur nous la lumière de ta face, Seigneur !-
Tu m’as mis plus de joie au cœur
Qu’au temps où abondaient leur blé et leur vin.
Pareillement comblé je me couche et m’endors

Car toi seul Seigneur me fais demeurer en sécurité »psaume 4

Cette joie qui m’est offerte en cadeau, dois-je la refuser ?
Non ! mon devoir est de l’accepter et de la rechercher. C’est un acte de foi.

 Et ce soir encore combien de cadeaux sont offerts dans cette magnifique lumière:

#113: des jeux d'enfants

  #113: la persperctive d'un enfant

#114: ses boucles folles et ces yeux qui ont la couleur du ciel

#115: lire sur le plaid emmitouflée dans un bon gros gilet

 #116 les derniers rayons du soleil qui descend derrière la montagne, juste pour moi

#117 le réconfort d'une parole qui ressemble à mes propres sentiments

#118 la semaine de travail

#119 le week end de repos

#120 un projet réussi


{ L'amour est patient }



mercredi 3 octobre 2012

{Quelqu'un a beaucoup d'humour..}

 D'accord! quelqu'un là haut a beaucoup d'humour!
Je commence une série sur la gratitude et c'est aujourd'hui que mes enfants ont décidé de tester les limites de ma patience, aujourd'hui que je trimballe cette boule dans la gorge...

D'accord... j'ai compris.
NON, la gratitude n'est pas une posture que j'adopte naturellement.
Oui, cela va me demander du travail, de l'entraînement:
" Un clou est chassé par un autre clou; l’habitude est surmontée par l'habitude" disait Erasme.

Je tente de réformer mes habitudes.

Oui , j'adapte ma vision à l'instant. Ma vision qui semble si rétrécie déjà par le temps, la routine, la fatigue.
Je décide de porter un autre regard sur les évènements, les choses, les êtres: pour les voir comme des choses  nouvelles, surprenantes, belles.
Comme il est facile de ne pas voir vraiment, le regard effleurant la surface des choses et des êtres. passant d'une chose à une autre dans la précipitation et l'angoisse: il y a cela à faire, et cela encore..
Mais comme tout est flou alors! et quand tout est flou, je suis absente de l'instant: et moi ce que je veux c'est vivre l'instant et en tirer de la joie; c'est pour cela que je fais le choix de la gratitude!



Allez, marteau en main , j'affronte cette journée, et je chasse les clous de mes mauvaises habitudes: le stress, la colère, l'impatience, et la boule dans ma gorge.

 Le meilleur marteau pour moi (comme le dit Ann Voskamp) c'est l'appareil photo:

#99: la nuque nattée de ma fille
#100 : une promenade au jardin pour voir si l'automne est arrivé

 #101: sa main dans la mienne


#102 : un goûter dehors


#103 : des pieds nus sur la couverture

 #104: un moment de jeux calmes


#105: des chaussures neuves

 #106: une coccinelle! on fait un voeu?

 #107: le souffle d'automne dans les feuilles

#108: le clac clac du pivert

#109: un câlin sur le canapé

#110: une panière à linge vide

#111: le moment où les petits pieds sont calmés et où les petites bouches se sont tues

#112: internet


mardi 2 octobre 2012

{31 days.. 31 jours }





Je n'ai pas commencé, je suis déjà en retard.

C'est la première fois que je fais ce genre de pari: je me joints à une communauté de femmes qui écrivent pendant tout le mois d'octobre sur un sujet qui les occupe:

Pour moi ce sera 31 jours de gratitude:
Quelle  folie! qui a besoin d'une tâche de plus par jour? d'une contrainte de plus par jour?
suis-je assez folle pour ajouter encore une liste à mes listes de courses, de tâches ménagères..

Suis-je assez forte pour tenter une expérience: 31 jours de gratitude même dans la fatigue, même dans l'obscurité?
Je suis tellement convaincue que la joie est un choix: oserai-je aller au bout de l'expérience?
Adopter une attitude de gratitude: parce que nous ne pouvons ressentir qu'un sentiment à la fois, que je veux remplacer mon stress et mon angoisse, ma culpabilité par de la gratitude, parce que la gratitude seule peut m'aider à vivre l'instant et à l'aimer. 

alors je continue ma liste de cadeaux: jusqu'où me mènera-t-elle?

# 89: des beaux-parents pour garder des enfants après l'école
# 90: une centrale vapeur (!)
# 91: Un "je t'aime" dans la cour de l'école le matin.
# 92: Un câlin et un baiser de mon fils, même à 5 heures 30 du matin parce qu'il est venu dans mon lit après avoir mouillé son lit
# 93: une amie qui dit merci
# 94 : une soirée à  la maison
# 95: la perspecive d'une grasse matinée
# 96:  un baiser dans le noir
# 97: l'automne qui arrive avec ses couleurs
# 98: un pull bien chaud

allez-vous nous rejoindre? quel sera votre enjeu??

31 Days

La version française n'existe pas encore!! je viens de l'inventer!! si vous voulez participer et partager vos 31 jours laissez un lien vers votre blog grâce au lien inlinkz!



vendredi 14 septembre 2012

{ Comment vivre une vie meilleure ? }


Les vacances sont bel et bien finies.
Déjà la fatigue se fait sentir, chez les enfants comme chez moi.
La vie quotidienne, les tâches ménagères, l'oganisation de tout ce qu'il y a à faire dans une maison, les jeux au jardin, les activités du samedi.


Au milieu de tout cela parfois un doute: est-ce que cela a du sens? est-ce que cela donne du sens à ma vie?
Une pointe de fierté mal placée me fait me demander: est-ce que je ne vaux pas mieux que cela, que toutes ces activités quotidiennes et routinières? est-ce que je ne mérite pas mieux? une destinée plus flamboyante? plus grande?
Est-ce que Dieu lui-même n'attend pas de moi des choses plus grandes? plus belles?
Est-ce qu'il ne m'appelle pas vers autre chose de plus haut?


Je me tourne vers ma Bible pour les réponses: et cela me frappe: les miracles réalisés par Jésus ne sont pas la majeure partie de sa vie. La plupart du temps, il voyage, vit dans la pauvreté, souffre, enseigne et vit une vie humble. Sa jeunesse se passe dans une relative obscurité.
Il n'est pas un super héros qui déplace les montagnes en permanence, il œuvre humblement au service des autres et de Dieu. si Jésus a su vivre une vie simple et la mettre au service de Dieu de manière "quotidienne" presque ordinaire, ne dois-je pas en faire autant?


Ma vie n'a pas à être impressionnante, elle n'a pas à être extraordinaire.
Il peut y avoir quelque chose de sacré dans mon ordinaire.
Peut-être que ce qu'il faut ce n'est pas changer de vie ou de travail mais changer la façon dont j'agis, la façon dont je travaille, que mon intention soit différente.
N'y a t-il rien de plus sacré que mon rôle de mère , si je l'utilise pour amener mes enfants sur le chemin du bien , au service du bien et de Dieu?


N'y a-t-il rien de plus sacré que d'enseigner, si je montre à mes élèves le chemin de la connaissance de soi et du monde et la valeur de cette connaissance pour leur vie future?




Peut-être que pour une vie meilleure il faudrait simplement être plus attentive, plus présente à l'instant. Peut-être faudrait-il m'éveiller à la beauté du moment, ne pas passer à côté des événements, du rire de mes enfants, de leur présence, du cadeau que représente le fait d'être simplement vivant.
Dieu n'a pas besoin que je soies plus connue, plus belle, plus riche pour faire de bonnes choses à travers moi .
Il a juste besoin que je sois plus à l'écoute, plus présente aux autres et à lui aussi, et que j'accepte de mettre en œuvre le plan qu'il a pour moi et pour ma vie.

 



"Seigneur, mon héritage et ma part à la coupe,
tu tiens mon destin,
Le sort qui m’échoit est délicieux. 
La part que j'ai reçue est la plus belle" 

"aussi mon cœur se réjouit, mon âme exulte
et ma chair demeure en sûreté" psaume 16

et je continue à compter ses cadeaux:
70. Des élèves attentifs
71. un fou rire avec mes collègues de travail
72. un projet, qui finalement se met en place
73. Un chèque qui arrive juste quand je désespérais de mes finances ( Dieu donne toujours assez) 
74. les bras de mon fils autour de mon cou après l'école
76. un repas avec mon homme
77/ le chocolat
78. un ciel étoilé pendant que je ramasse le linge
79. Le coiffeur
 


et je compte aussi les dons qui n'ont pas l'air d'en être; ceux qui me font grandir
80. Le désordre au salon (résultats de jeux d'enfants) 
81. les pleurs du matin à l'école ( c'est que cette enfant aime être avec moi) 
82. un embouteillage en ville ( exerçons notre patience et prenons le temps de méditer) 
...